Un emploi, en économie, consiste à utiliser des personnes actives de la population à des activités économiques. Il s'agit souvent d'un contrat passé entre deux parties, l’employeur et le salarié, pour la réalisation d’un travail contre une rémunération, par l’exercice d'une profession, ou bien pour un travailleur indépendant, la réalisation de multiples contrats implicites ou explicites dans le cadre de l’exercice d’une profession. Une personne bénévole n'occupe pas un emploi au sens strict du terme.
Définition
Il existe plusieurs définitions du concept d'emploi. Par exemple le BIT et l'INSEE n'utilisent pas la même définition[1].
La notion d'emploi est souvent associée avec celle de salariat. En réalité la rémunération peut tout aussi bien prendre la forme :
d'un traitement, si l'employeur est une personne publique ;
d'un salaire, si l'employeur est une personne morale ou physique autre que le travailleur ;
d'honoraires pour les professions libérales les plus classiques. Dans ce cas, il convient de déduire les frais pour obtenir le revenu ;
de cachets pour les artistes non mensualisés ;
de piges pour les journalistes non mensualisés (pigistes) ;
de prélèvement sur les résultats de l'entreprise, pour les autres professions indépendantes (artisan, commerçant, exploitant agricole, profession libérale récentes…) qui établiront alors des factures.
Dans le jargon de la GPEC, un emploi est un ensemble de tâches et de compétences sous-jacentes, qui permettent de contribuer à l'activité de l'entreprise. Un emploi se décline en postes de travail inscrits (ou non) à l'organigramme de l'entreprise, occupés (ou non) par des employés qui ont les capacités nécessaires pour occuper l'emploi.
Au cours des dernières décennies, le marché du travail a connu d’importantes mutations, avec l’apparition de nouvelles formes d’emploi. Ces évolutions sont notamment liées à la transformation numérique, à la mondialisation et aux changements dans les attentes des travailleurs.
Le télétravail et le travail hybride : Avec le développement des outils numériques et la pandémie de COVID-19, de nombreuses entreprises ont adopté le télétravail à temps partiel ou total, modifiant ainsi la relation traditionnelle au bureau.
L’essor du travail indépendant et des plateformes : Le nombre de travailleurs indépendants a fortement augmenté, notamment grâce aux plateformes de freelancing (Malt, Upwork, Fiverr). Cette tendance concerne des secteurs variés comme la communication, le graphisme, la programmation et le conseil.
Le portage salarial : Une solution intermédiaire entre salariat et indépendance qui permet à des professionnels autonomes de bénéficier d’une protection sociale similaire à celle des salariés tout en conservant leur autonomie.
Les contrats courts et atypiques : L’essor des CDD, du travail intérimaire et des contrats de mission reflète la recherche de flexibilité des entreprises.
Les "Bullshit jobs" : Popularisé par David Graeber, ce concept désigne des emplois considérés comme inutiles ou sans réelle valeur ajoutée par ceux qui les exercent, soulevant des questions sur le sens du travail.
Création et destruction d'emplois
Les emplois sont fréquemment détruits et créés. Des emplois sont détruits lorsqu'une entité diminue ses effectifs ; un emploi est créé lorsqu'une entité augmente ses effectifs. Par exemple, en France en 2005, on estime à 10 000 le nombre d'emplois créés et le nombre d'emplois détruits chaque jour[2]. La notion de création (ou de destruction) d'emplois est à distinguer de la création de postes.
Pour créer un emploi, l'entreprise justifie qu'elle a besoin d'une personne supplémentaire pour accroissement de travail existant, pour création de nouveaux postes de travail ou pour remplacer quelqu'un qui est promu à un autre poste.
Pour supprimer un emploi, plusieurs raisons sont avancées, comme le manque de rentabilité de l'emploi ou les difficultés financières de l'entreprise. Il arrive également que la raison soit lié à des motivations actionnariales, ou des mesures d'économie.
Le droit d'obtenir un emploi est reconnu par la Constitution de 1958, par l'intermédiaire de son préambule, qui fait référence au préambule de la Constitution de 1946 :
« Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances[3]. »
Statistiques
La répartition des emplois en France en 2010 par secteur d'activité[4] :
Agriculture, sylviculture et pêche (2,9 %)
Industrie (14 %)
Services (75,5 %)
Bâtiments et travaux publics (BTP) (7,1 %)
Non renseigné (0,5 %)
En France, au , 24,9 millions de personnes ont un emploi. Parmi eux, 18 millions sont des emplois dans le secteur privé et 5,2 millions sont des emplois de fonctionnaires. Par ailleurs, il existe 125 000 emplois aidés, 712 000 emplois dans les entreprises publiques, et 848 000 emplois dans des organismes publics divers[5].[non pertinent]
En 2015, il existe 1,8 million d'emplois dans des entreprises étrangères implantées en France[6]. Alors que les 28 100 entreprises se trouvaient sous le contrôle de firmes multinationales étrangères en France soit moins de 1 % des entreprises en France dans les secteurs marchands non agricoles et non financiers elles emploient 11 % des effectifs des entreprises présentes sur le sol français[7]. En 2013, ce sont les grands pays occidentaux qui sont les plus gros employeurs : États-Unis 400 000 salariés devant l’Allemagne 312 000, le Royaume-Uni 190 000 et la Suisse 150 000[8].
En 2024, 30,5 millions de personnes ont un emploi en France hors Mayotte. Evolution (emploi salarié et non salarié) de 2000 à 2024 par secteur d'activité[9] :
en nombre de personnes
Année
Emploi salarié et non salarié
Agriculture, sylviculture, pêche
Industrie
Construction
Tertiaire marchand
Tertiaire non marchand
Ensemble
2000
787 300
4 194 000
1 516 900
11 231 700
7 380 500
25 110 400
2001
773 400
4 186 300
1 551 500
11 454 700
7 474 700
25 440 600
2002
756 500
4 104 500
1 555 400
11 582 200
7 623 600
25 622 200
2003
744 100
4 005 400
1 567 100
11 615 500
7 692 300
25 624 400
2004
739 600
3 914 600
1 598 300
11 737 300
7 770 100
25 759 900
2005
718 000
3 832 500
1 662 500
11 894 500
7 870 100
25 977 500
2006
697 900
3 773 800
1 742 000
12 100 700
8 006 700
26 321 100
2007
669 700
3 727 100
1 816 300
12 384 100
8 086 100
26 683 300
2008
654 500
3 651 600
1 827 800
12 269 400
8 130 600
26 533 900
2009
640 900
3 484 500
1 788 100
12 196 500
8 197 900
26 307 900
2010
630 500
3 402 600
1 786 600
12 423 100
8 212 800
26 455 600
20111
629 200
3 392 200
1 786 100
12 563 900
8 216 600
26 588 000
20112
649 500
3 433 600
1 825 000
12 814 400
8 458 700
27 181 200
2012
648 800
3 415 000
1 821 900
12 806 100
8 519 000
27 210 900
2013
652 300
3 383 300
1 808 700
12 904 100
8 653 600
27 401 900
2014
642 100
3 349 300
1 755 200
12 936 800
8 721 800
27 405 200
2015
637 400
3 314 000
1 712 600
13 084 100
8 765 400
27 513 500
2016
634 200
3 285 100
1 695 700
13 276 300
8 816 700
27 708 100
2017
631 700
3 285 800
1 712 400
13 598 900
8 821 000
28 049 700
2018
631 600
3 298 700
1 751 300
13 777 400
8 803 700
28 262 800
2019
626 800
3 332 000
1 820 500
14 107 000
8 860 600
28 746 800
2020
621 000
3 308 100
1 885 200
14 008 200
8 928 500
28 750 900
2021
622 000
3 360 400
1 954 200
14 781 800
9 009 200
29 727 600
2022
616 900
3 392 800
1 968 700
15 072 800
9 067 700
30 118 800
2023
609 600
3 428 300
1 966 700
15 167 500
9 173 900
30 346 100
2024p
605 200
3 443 700
1 944 000
15 218 200
9 243 600
30 454 700
1. Données calculées sur la France métropolitaine en 2011.
Note : Avant 2011, les données d'emploi salarié et non salarié par secteur d'activité ne sont disponibles qu'au niveau France métropolitaine.
Notes et références
↑Emploi (BIT), sur le site insee.fr, consulté le 29 juin 2015